mercredi 20 mars 2024

Extrait 18

La dernière fois que Kelley a foulé le sol de Moussoro remonte à 2018. Lors de cette visite, il a découvert le Tchegueni, un instrument musical traditionnel, utilisé pour composer des poèmes et chanter les louanges des dulcinées. Les mélodies du Tchegueni, tissées par les mains habiles des Allaguina, racontent les histoires des braves et résonnent dans le cœur des Gazalais, évoquant la mémoire d’un passé glorieux.



Le soir venu, captivé, Kelley a écouté les vers du poète Guirsi, dont les mots vibraient avec l’âme des habitants, réveillant en eux le souvenir de jours plus fastes. À minuit, alors que Moussoro s’endormait sous le voile de la nuit, la voix de Bohor Wassag s’est élevée, portant la chanson ancestrale qui avait bercé tant de générations. C’était un moment hors du temps, une pure magie où chaque note semblait caresser l’âme de la ville.



Cependant, derrière la beauté de cette nuit inoubliable, Kelley ressentait une colère ardente. Il était outré par les intrigues des “Tchoziya” de N’Djamena, ces cadres gazalais qui, aveuglés par leur quête de pouvoir et de richesse, ignoraient les besoins réels de leur ville. Leur égoïsme avait sacrifié l’essence de Ma-Djerou, laissant derrière eux des décisions qui avaient lentement mais sûrement érodé l’esprit et la prospérité de la cité.


Avec la détermination d’un globe-trotter aguerri, Kelley reconnaissait l’impératif de passer à l’action. Il refusait de demeurer passif tandis que Ma-Djerou se fanait dans l’apathie et l’oubli. C’était le moment de stimuler les consciences, de réanimer les ardeurs de l’action et de la dévotion.



Avec une détermination inébranlable, propre à un fils du désert, Kelley a embrassé l’idée de s’aventurer au-delà des frontières connues pour acquérir des connaissances. Il n’a pas cherché à rallier les autres à sa cause, mais a plutôt choisi de se lancer seul dans un voyage d’apprentissage et de découverte. Son objectif était clair : revenir à Ma-Djerou, sa terre natale, armé de l’expertise et des idées nouvelles nécessaires pour reconstruire et revitaliser sa ville. Dans son esprit, Moussoro ne resterait pas un simple souvenir, mais deviendrait un symbole de renaissance, un lieu où l’avenir prometteur éclipserait le passé négligé.

Extrait 17

Kelley, jeune homme au regard déterminé, a quitté les dunes dorées de Ma-Djerou, porteur d’un rêve grandiose. Né sous le ciel étoilé de cette ville de sable et de vent, il a été bercé par les récits de gloire et de culture qui faisaient vibrer les rues de sa ville natale. Moussoro, autrefois un carrefour de diversité et de dynamisme, n’était plus qu’une ombre, négligée par ceux qui l’avaient traversée comme des étoiles filantes, pour ne jamais revenir. Mais Kelley portait en lui une flamme différente, celle de l’espoir et de la promesse d’un retour.

À chaque pas vers de nouveaux horizons, il emportait la chaleur du soleil de Ma-Djerou, la résilience du sable face au vent, et la richesse d’une histoire gravée dans son cœur. Il a parcouru des continents, s’enrichissant de connaissances, s’imprégnant de cultures diverses, et acquérant les compétences nécessaires pour réaliser son rêve.

Les années ont passé, et Kelley est devenu un homme de savoir, un bâtisseur de ponts entre les peuples. Mais jamais il n’a oublié Moussoro. Dans chaque ville qu’il visitait, dans chaque succès qu’il rencontrait, il voyait un reflet de ce que Ma-Djerou pourrait redevenir.

dimanche 17 mars 2024

Odyssée des Contrées Intérieures


 De Moussoro à Khartoum, j'ai acquis la connaissance,

Dans le sable et le vent, j'ai dessiné mon existence.

De N'Djamena à Bardaï, j'ai rencontré des hommes vaillants,

Leurs récits gravés dans mon cœur, tels des monuments imposants.

De N'Djamena à Istanbul, j'ai croisé des érudits,

Ibrahim Wormi et Matar Dogoumi, gardiens de l'héritage écrit.

Leurs mots, tels des phares, illuminent mes pensées,

Et dans l'agitation de la vie, leurs enseignements sont appréciés.


D'Istanbul à Toronto, j'ai navigué à travers des nuits obscures,

Où j'ai découvert, à travers les épreuves, les visages de l'autre côté du miroir.

Les proches se dévoilent, dans les adversités les plus rudes,

Et dans ces instants sombres, je découvre ma véritable voie.


De Toronto à Montréal, j'ai éprouvé ma force,

Dans le froid et l'éloignement, j'ai puisé mes ressources.

Ma capacité et ma bravoure, enfin pleinement révélées,

Je les porte comme des torches, dans les ruelles méconnues.


Dommage pour ceux qui m'ont quitté, trop tôt envolés,

Car dans ma solitude choisie, je me suis trouvé privilégié.

Plus déterminé que jamais, avec l'espoir pour allié,

Je poursuis ma route seul, vers de nouveaux horizons.


Kelley_Saleh

Québec, Montréal, le 06 Ramadan

samedi 16 mars 2024

L’Écho d’un Héritage


Cher papa, pilier de notre clan, Comme un baobab, tu es notre titan. Ton amour infini est mon repas, Dans la vie, tu es le toit, mon trépas. Descendant de Sourrou, de stature noble, Du Barh el Ghazel, où l'eau coule et redouble. Élevé dans l'aisance, vécu avec fierté, Ta sagesse est un trésor, notre fierté. Harrane, c'est ainsi qu'on te salue, Mr Perfectionnisme, c'est ton attribut. Mais tu es davantage, mon mentor, mon guide, Mon modèle, le phare dans la nuit qui préside. Je suis ton legs, ta fierté incarnée, Sur ton chemin, j'ai trouvé la clarté. Homme de valeurs, sans pareil, Ton esprit noble est mon soleil. Dans chaque geste, chaque parole, Tu as sculpté ma route, ma boussole. Ton héritage est mon trésor le plus cher, Plus précieux que l'or, un don de l'éther. Ton âme en moi, pour l'éternité, Je la garderai, avec loyauté. Merci, mon père, pour tout ce que tu es, Ton exemple luit, ma vérité, ma paix. Je suis ton fruit, et je promets, De faire grandir l'amour que tu as semé. Baobab de notre tribu, notre lumière, Dans nos cœurs, tu demeures, notre repère. 


Kelley Saleh
Quebec, 05 Ramadan 2024